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Quel est le nombre d’élus au CSE ? Explication

Le CSE (comité social et économique) est l’instance représentative du personnel que les entreprises doivent obligatoirement mettre en place lorsqu’elles atteignent 11 salariés pendant 12 mois consécutifs. Combien d’élus doit-il comporter ? La réponse dépend directement de l’effectif de l’entreprise, selon un barème précis fixé par le Code du travail. Du côté de l’employeur, il est indispensable de maîtriser la question du nombre d’élus au CSE de manière à organiser des élections conformes et à garantir une représentation efficace des salariés. Voici ce qu’il faut savoir.

Qu’est-ce que le CSE et pourquoi le nombre d’élus est-il réglementé ?

Définition et rôle du comité social et économique

Instauré par l’ordonnance du 22 septembre 2017, le CSE a combiné les trois instances du personnel préexistantes (délégués du personnel, comité d’entreprise et CHSCT) en une structure unique. Sa mission est double : assurer l’expression collective des salariés et veiller à la protection de leurs intérêts en matière de conditions de travail, d’emploi et de vie dans l’entreprise. Autant de missions pour lesquelles les membres du comité social doivent se former (voir, à ce sujet, notre article dédié à la formation obligatoire au CSE).

Le cadre légal du Code du travail sur la composition du CSE

Le principe de proportionnalité est posé par les articles L.2314-1 et suivants du Code du travail, tandis que le nombre de sièges est déterminé par le tableau figurant à l’article R.2314-1 de ce même Code. Ce cadre légal vise à garantir que chaque salarié bénéficie d’une représentation adaptée, ni insuffisante ni disproportionnée.

À cet effet, le décret fixe un tableau de correspondance entre tranches d’effectif et nombre de sièges à pourvoir. Ce barème s’applique tant aux titulaires qu’aux suppléants, qui sont toujours en nombre égal. La base juridique complète est disponible dans notre section dédiée à l’élection du comité social et économique.

Maintenant que le cadre est posé, voyons concrètement comment calculer le nombre d’élus au CSE selon votre effectif.

Comment calculer le nombre d’élus au CSE selon l’effectif de l’entreprise ?

Le calcul de l’effectif moyen de l’entreprise

L’effectif de référence est calculé sur les 12 mois précédant la date des élections. Il intègre l’ensemble des salariés liés à l’entreprise par un contrat de travail, quelle qu’en soit la nature, au prorata de leur temps de présence. Les salariés à temps partiel sont pris en compte à proportion de leur durée de travail par rapport à la durée légale. Par ailleurs, certains salariés mis à disposition et travailleurs temporaires peuvent être pris en compte dans le calcul de l’effectif selon les conditions prévues par les articles L.1111-2 et L.1111-3 du Code du travail. Les règles spécifiques relatives aux salariés mis à disposition doivent être justifiées par l’existence d’une convention entre entreprises.

Une mauvaise évaluation de l’effectif se traduit par une composition erronée du CSE, ce qui peut exposer l’employeur à des litiges. Consultez notre guide sur le renouvellement du CS afin de sécuriser cette étape.

Tableau récapitulatif du nombre de sièges par tranche d’effectif

Le tableau ci-dessous récapitule le nombre de titulaires et de suppléants en fonction des tranches d’effectif, conformément à l’annexe du Code du travail :

Effectif de l’entrepriseTitulairesSuppléants
11 à 24 salariés11
25 à 49 salariés22
50 à 74 salariés44
75 à 99 salariés55
100 à 124 salariés66
125 à 149 salariés77
150 à 174 salariés88
175 à 199 salariés99
200 à 249 salariés1010
250 à 299 salariés1111
300 à 399 salariés1111
400 à 499 salariés1212
500 à 599 salariés1313
600 à 699 salariés1414
700 à 799 salariés1414
800 à 899 salariés1515
900 à 999 salariés1616
1 000 à 1 249 salariés1717
1 250 à 1 499 salariés1818
1 500 à 1 749 salariés2020
1 750 à 1 999 salariés2121
2 000 à 2 249 salariés2222

Au-delà, le nombre de sièges continue d’augmenter selon le même barème progressif, jusqu’à un maximum de 35 titulaires.

Nombre de titulaires et de suppléants au CSE

La loi prévoit systématiquement un nombre égal de titulaires et de suppléants. Les premiers participent de plein droit aux réunions et disposent du droit de vote, tandis que les seconds n’assistent aux réunions qu’en l’absence du titulaire qu’ils remplacent. Cette parité assure la continuité du fonctionnement de l’instance en cas d’empêchement, de démission ou de rupture du contrat de travail d’un élu titulaire.

Au-delà du nombre total, la répartition des sièges obéit également à des règles spécifiques.

La répartition des sièges entre collèges électoraux

Qu’est-ce qu’un collège électoral au CSE ?

Un collège électoral regroupe des salariés qui partagent des caractéristiques communes, notamment leur statut ou leur catégorie professionnelle. En principe, la loi distingue deux collèges : le premier rassemble les ouvriers et employés, le second les ingénieurs, chefs de service, techniciens, agents de maîtrise et assimilés. Un troisième collège est institué lorsqu’au moins 25 ingénieurs, chefs de service et cadres sont présents dans l’entreprise.

Chaque collège élit ses propres représentants, proportionnellement à son poids dans l’effectif total.

Critères de répartition des sièges par collège

La répartition des sièges entre collèges doit refléter la composition réelle du personnel. Elle se calcule au prorata du nombre de salariés de chaque collège par rapport à l’effectif total de l’entreprise. Pour aller plus loin, découvrez comment calculer répartition des sièges par collège au CSE.

Le rôle de l’accord d’entreprise dans la répartition

Un accord préélectoral peut déroger aux règles légales de répartition, sous réserve d’être signé par des organisations syndicales représentatives. Cet accord peut notamment modifier le nombre de collèges, regrouper des catégories professionnelles ou adapter la répartition à l’organisation spécifique de l’entreprise.

Comprendre la composition du CSE implique aussi de connaître les différents statuts des membres.

Membres titulaires et suppléants : quelle différence ?

Le rôle et les droits des élus titulaires

Les élus titulaires siègent de plein droit lors de toutes les réunions du CSE. Ils disposent du droit de vote, peuvent être désignés trésorier ou secrétaire (celui-ci étant le représentant des élus), et bénéficient d’heures de délégation leur permettant d’exercer leurs missions. Ils profitent également d’une protection contre le licenciement qui couvre la durée du mandat et s’étend jusqu’à six mois après son expiration.

Le statut des membres suppléants du CSE

Les suppléants n’assistent aux réunions qu’en remplacement d’un titulaire absent. En dehors de ces situations, ils ne participent pas aux délibérations et ne disposent pas d’heures de délégation propres, sauf si un accord d’entreprise en prévoit l’attribution. Ils bénéficient toutefois de la même protection que les titulaires contre le licenciement, et doivent être informés de l’ordre du jour des réunions. Leur rôle est essentiel pour garantir la continuité de la représentation en cas d’absence des titulaires.

Heures de délégation selon le nombre d’élus au CSE

Le nombre d’heures de délégation suit le même barème que le nombre de sièges. À titre d’exemple, un élu titulaire dans une entreprise de 50 à 74 salariés dispose de 18 heures de délégation par mois. Ce volume augmente avec l’effectif pour atteindre 34 heures pour les entreprises de plus de 10 000 salariés. Ces heures peuvent être mutualisées entre titulaires, ou cédées à un suppléant dans la limite de 1,5 fois le crédit mensuel individuel.

Des situations particulières peuvent modifier la composition standard du CSE.

Des situations particulières peuvent modifier la composition standard du CSE.

CSE dans les entreprises de moins de 50 salariés

Dans les entreprises de 11 à 49 salariés, le CSE prend une forme simplifiée. Le nombre de titulaires oscille entre 1 et 2 selon la tranche d’effectif. Ses attributions se limitent aux réclamations individuelles et collectives relatives aux salaires, à l’application du Code du travail et des dispositions de la convention collective.

Accord collectif et adaptation du nombre d’élus

Un accord collectif majoritaire peut augmenter le nombre de sièges au-delà du minimum légal, sans pouvoir descendre en dessous du plancher fixé par le Code du travail. Ces adaptations doivent être négociées dans le cadre du protocole d’accord préélectoral.

Représentants syndicaux et membres de droit

Dans les entreprises d’au moins 300 salariés, chaque organisation syndicale représentative peut désigner un représentant syndical au CSE. Celui-ci assiste aux réunions avec voix consultative, mais sans droit de vote. Ce représentant s’ajoute aux élus sans modifier le nombre de sièges au sens strict.

Pour finaliser la mise en place, le processus électoral doit respecter des règles précises.

Le processus d’élection et la validation du nombre d’élus au CSE

Le protocole d’accord préélectoral

En amont de l’élection, l’employeur doit inviter les organisations syndicales à négocier un protocole d’accord préélectoral (PAP). Ce document fixe les modalités du scrutin : calendrier, composition des collèges, répartition des sièges et mode de vote.

Les listes électorales et organisations syndicales

Le premier tour est réservé aux organisations syndicales habilitées à présenter des candidats conformément aux articles L.2314-5 et suivants du Code du travail. En l’absence de candidatures syndicales ou si le quorum n’est pas atteint, un second tour est organisé, cette fois ouvert à tous les salariés remplissant les conditions pour se présenter au CSE. Les listes doivent respecter la parité femmes-hommes, proportionnellement à la composition du collège concerné.

Le non-respect de la parité femmes-hommes dans les listes électorales expose à une annulation du scrutin, sauf si le taux de représentativité du sexe sous-représenté ne permet pas d’atteindre la parité conformément à l’article L. 2314-30 du Code du travail.

Le procès-verbal et la validation des résultats

À l’issue du scrutin, un procès-verbal est établi pour chaque tour de chaque collège. Il consigne les résultats détaillés et valide officiellement la composition du CSE. En cas de carence, c’est-à-dire si aucun candidat ne s’est présenté, l’employeur dresse un procès-verbal dédié, ce qui dispense l’entreprise de l’obligation de mettre en place un CSE jusqu’aux prochaines élections, sous réserve d’en informer la DREETS compétente.

Pour découvrir l’ensemble du processus, consultez notre guide complet sur l’élection CSE.

Questions fréquentes sur le nombre d’élus au CSE

Que se passe-t-il si aucun candidat ne se présente ?

Si aucun candidat ne se manifeste pour le premier et le second tour, l’employeur établit un procès-verbal de carence. L’entreprise est ainsi temporairement dispensée de mettre en place un CSE. L’employeur doit en informer la DREETS compétente et afficher ce procès-verbal dans les locaux. De nouvelles élections devront être organisées si un salarié en fait la demande ou à l’expiration du mandat théorique du CSE non constitué.

Peut-on modifier le nombre d’élus au CSE en cours de mandat ?

En principe, non : le nombre de sièges est fixé lors de la négociation du protocole d’accord préélectoral et ne peut être modifié en cours de mandat, même en cas de variation significative de l’effectif.

Comment gérer une variation d’effectif impactant le nombre de sièges ?

Lorsque l’effectif évolue au point de franchir un seuil légal (notamment au-dessus de 50 salariés), les règles de composition du CSE peuvent changer lors du prochain renouvellement. Toutefois, il n’y a pas d’effet immédiat sur le mandat en cours.

Quelle est la durée du mandat des élus au CSE ?

La durée d’un mandat au CSE est de quatre ans, mais un accord de branche ou d’entreprise peut néanmoins réduire cette durée à deux ou trois ans.

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